Quatre conseils pour parler de la mort aux enfants
Entre la peur de les angoisser, de créer du chagrin ou d’être maladroit, parler de la mort aux enfants n’a rien d’évident. Voici quelques conseils pour aborder ce sujet avec moins d’appréhension.
Attendre que les enfants en parlent ?
Psychologue clinicienne spécialiste de l’enfance, de l’adolescence et de la famille, Béatrice Copper-Royer* recommande d’attendre que les enfants abordent d’eux-mêmes le sujet de la mort. « Anticiper leurs questions peut créer un trouble, explique-t-elle. Une fois qu’ils en parlent, on peut nous-mêmes leur poser des questions pour savoir où ils en sont dans leur imaginaire. »
C’est vers 9/10 ans que les enfants prennent conscience de l’irréversibilité de la mort.
Utiliser des mots concrets
En tant qu’adultes, nous avons tendance à utiliser des métaphores pour parler de la mort et adoucir ce sujet. « S’endormir », « partir », « monter au ciel », tous ces termes ne sont pas très clairs pour l’esprit d’un enfant et peuvent même les perturber. Béatrice Copper-Royer conseille donc d’utiliser des mots concrets et qui parlent d’eux-mêmes.
Partager ses émotions
Face au décès d’un proche, il ne faut pas hésiter à dire à son enfant que, nous aussi, nous sommes tristes. « Il n’y a aucune raison de planquer ses émotions, insiste la psychologue clinicienne. Au contraire, il faut dire et montrer que le chagrin est normal, légitime, mais qu’il passe et qu’on ne sera pas triste toute sa vie. » On peut aussi partager ses propres interrogations et reconnaître que, nous-mêmes, nous ne savons pas pourquoi la mort existe.
Emmener les enfants aux enterrements
Pour Béatrice Copper-Royer, lorsqu’un parent proche décède, il est important d’emmener les enfants à l’enterrement. « C’est un hommage où ils peuvent voir que la personne était entourée et appréciée, estime-t-elle. L’enfant se rend alors compte qu’il fait lui-même partie d’une famille et d’une communauté. » La psychologue conseille que l’enfant soit accompagné par un adulte référent tout au long des célébrations. « Les parents, si c’est possible, une tante ou un ami, en tout cas, quelqu’un de proche qui puisse l’entourer et lui expliquer ce qu’il se passe. »
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