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Perte d’autonomie : un autre regard sur les EHPAD

Votre maman chute régulièrement et ne peut plus rester seule ? Votre père souffre de troubles cognitifs et est désorienté ?

Le moment est peut-être venu de lui proposer de rejoindre un Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, appelé plus communément un EHPAD. Un choix parfois difficile, mais souvent bénéfique pour tous.

Intégrer un EHPAD, pourquoi ?

En France, la perspective d’intégrer un EHPAD ne fait pas rêver grand monde. Selon un sondage Odoxa publié en octobre 2019, seuls 13% des Français l’envisageraient si leurs capacités physiques se dégradaient avec l’âge.

Pourtant, cette solution semble s’imposer d’elle-même lorsque les chutes se multiplient, que les troubles cognitifs et autres pathologies s’aggravent, que les aides à domicile en journée ne suffisent plus à assurer la sécurité de la personne et que les proches ou le conjoint ne peuvent tout simplement plus faire face.

Anticiper l’urgence

Pour préparer l’avenir avec sérénité, mieux vaudrait réussir à faire le point, en famille, plus en amontet sans tabou – sur les conditions de vie du senior, ses vrais besoins et ses attentes.

« C’est souvent une décision prise dans l’urgence, quand il n’y a plus d’autre alternative. Car, même épuisés, les aidants se sentent coupables de ne plus accompagner leur aîné au quotidien et de bouleverser les habitudes de ce dernier.

C’est regrettable car l’isolement dont souffrent beaucoup de personnes âgées et l’inadaptation de leur logement contribuent à leur perte d’autonomie. »

Valérie Mollière*, infirmière-coordinatrice en EHPAD

* Valérie Mollière est aussi l’auteure de L’Âge fragile, un livre témoignage sur sa vie professionnelle au quotidien en EHPAD, publié en 2018 aux éditions Henry Dougier.

Retrouver la sécurité

D’autant plus que les arguments en faveur des EHPAD ne manquent pas.

À commencer par la présence de professionnels veillant, 24 heures/24, sur la santé, la sécurité et le bien-être des résidents : aides-soignants, infirmiers, médecins, kinés, psychologues…

Tout comme l’ergonomie des établissements, étudiée pour faciliter la mobilité : longs couloirs sans tapis, ascenseurs, fauteuils placés aux bons endroits, barres d’appui… S’il n’est pas évident pour les seniors de dévoiler leur intimité à des inconnus, cet accompagnement peut aussi les libérer du souci, parfois pesant, de dépendre autant de leurs proches au quotidien.

« Chacun avec ses compétences participe, en outre, à la sauvegarde des capacités des personnes, à la revalorisation de leur moi et au maintien du lien social. »

Valérie Mollière

Simplement bien vivre

Les EHPAD restent avant tout des lieux de vie : repas adaptés, sorties, fêtes, activités manuelles, zoothérapie, massages… Tout en respectant les envies et les besoins de chaque résident, les équipes font preuve de créativité pour leur apporter du plaisir et de la détente.

« Contrairement aux idées reçues, la vie en collectivité peut en séduire beaucoup, quand on fait l’effort de les solliciter. »

Patrick Poulain, qui a dirigé pendant plusieurs années l’EHPAD du Groupe Mutualiste RATP à Bastille

« Considérée comme peu sociable par ses enfants, une personne peut se révéler d’excellente compagnie. Chez nous, certains de nos résidents se sont même mariés à 90 et 95 ans ! »

Khaled Salim Bendhamane, actuel directeur de l’EHPAD La Maréchalerie du Groupe Mutualiste RATP

Apaiser la relation

Autre avantage des établissements : ils apaisent la relation aidé-aidant. « Quand l’enfant s’épuise ou se coupe du monde au service de son aîné, les rapports se compliquent et se tendent, même si on s’aime », remarque Valérie Mollière.

L’appui du personnel aide ainsi chacun à se retrouver en tant qu’enfant et parent. « L’occasion de revivre des moments privilégiés, plein d’affection », souligne Patrick Poulain. Le rôle des aidants change mais reste essentiel. Les enfants constituent en effet une courroie de transmission, note Valérie Mollière.

« Ils partagent les nouvelles de la famille et, grâce à leur connaissance intime du résident, donnent aux professionnels des informations bien utiles à sa prise en charge. Nous les encourageons à participer à la vie de l’établissement, pour nous c’est très important. »

Patrick Poulain

Comment choisir son établissement ?

En prenant son temps malgré l’urgence, répondent en chœur les professionnels.

En se renseignant sur la réputation de chacun, en multipliant visites et questions, même les plus dérangeantes. Sur le plan médical, par exemple. « Il faut s’assurer que le personnel est en nombre suffisant, s’informer sur ses compétences et sur ses horaires de présence » indique Valérie Mollière. Les locaux doivent être agréables, conviviaux mais aussi irréprochables sur le plan de l’hygiène. « Toute odeur doit alerter » insiste Marc Navroski, coordonnateur EHPAD au sein du Groupe Mutualiste RATP.

Les chambres doivent être suffisamment grandes pour accueillir une partie des meubles et de la décoration de l’ancien domicile.

En attendant de fixer votre choix sur un EHPAD ou pour tester les réactions de votre parent, d’autres solutions sont possibles :

  • L’accueil de jour (la personne rentre chez elle le soir)
  • L’accueil de nuit (la personne dort à l’Ehpad mais rentre chez elle le jour)
  • L’accueil temporaire, la résidence senior…

Être attentif

Les repas rythment la journée des résidents et restent un plaisir. « N’hésitez pas à déjeuner à l’EHPAD pour vous rendre compte de leur qualité et de l’ambiance en salle », conseille Marc Navroski.

Si la diversité des animations et l’organisation des journées comptent, l’accueil prime par-dessus tout. Chaleur humaine, écoute et esprit d’équipe doivent être au rendez-vous pour rassurer le futur résident comme sa famille. « Soyez attentifs à l’ambiance », recommande Khaled Salim Bendhamane.

L’attention portée aux échanges avec les familles, via « les réunions famille » notamment, est un signe positif, comme l’amplitude des horaires de visite.

Enfin, l’élaboration d’un « projet de vie » pour le résident doit être proposée.

ATTENTION : pour que l’intégration en EHPAD soit possible, le consentement du principal intéressé est absolument indispensable.

En chiffres*

  • Environ 50% de l’offre est fournie par des EHPAD publics : 21% relèvent du secteur hospitalier, 28% des collectivités locales.
  • 28% des EHPAD se situent dans le secteur privé non lucratif, 22% dans le secteur privé lucratif.
  • Plus de 608.000 résidents vivent aujourd’hui au sein de quelque 7.573 EHPAD
  • 11 millions d’aidants, soit 1 Français sur 6, accompagnent au quotidien un proche en situation de dépendance.

* Sources : Rapport Libault sur le grand âge mars 2019 – Baromètre 2017, Fondation April et BVA

Zoom sur notre EHPAD La Maréchalerie

« Bienveillance et disponibilité du personnel sont nos priorités.

Situé à La-Queue-lez-Yvelines, notre EHPAD accueille tous les profils de résidents, quel que soit leur degré de dépendance, qu’ils soient adhérents ou non de notre Mutuelle et qu’ils soient seuls ou en couple. Une unité de 13 places sur 96 est dédiée à ceux qui présentent des troubles de type Alzheimer. Comme partout, l’âge d’entrée recule, tandis que le niveau de dépendance et le nombre de pathologies augmentent. L’âge moyen de nos résidents est de 88 ans.

Ce qui compte le plus, c’est la bienveillance et la disponibilité du personnel. Ensuite, notre équipe d’animation propose de multiples activités : des fêtes, dont certaines avec les familles, des spectacles, du tricot… Certains résidents tiennent un stand à la brocante du village. Nous organisons des rencontres avec des écoliers afin de favoriser l’échange intergénérationnel. Les familles sont également sollicitées pour gérer la bibliothèque, lire avec les résidents, faire de la musique, regarder ensemble des projections vidéo…

Pendant la crise du Covid-19, les visites ont dû être suspendues, mais grâce à l’accompagnement apporté par nos soignants et aux tablettes numériques mises à disposition, nos résidents ont pu maintenir le lien avec leur famille et sont donc restés bien entourés. »

Khaled Salim Bendhamane

En savoir plus

  • Combien ça coûte pour le résident ? La facture d’un EHPAD comprend une partie « hébergement » (hôtellerie, restauration, animation…) à la charge du résident et une partie « dépendance » (aide et surveillance des personnes en perte d’autonomie), financée en partie par le département.
  • Quelles aides ? Accordée par le département, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) paie une partie du tarif dépendance. Sous certaines conditions, une Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) peut également être apportée. Elle est récupérable du vivant et au décès de la personne bénéficiaire. Attention toutefois, contrairement à notre EHPAD La Maréchalerie, tous les EHPAD ne sont pas habilités à recevoir cette aide.
  • Où s’adresser ? Auprès de votre Mutuelle, de votre Centre Local d’Information et de Coordination (CLIC), de votre Centre Communal d’Action Sociale, ou encore de votre caisse de prévoyance. Sur le web : pour-les-personnes-agees.gouv.fr, le portail national d’information pour les personnes âgées et leurs proches
  • Attention : pour simplifier les choses, il peut être nécessaire de se poser la question de la « protection juridique » (tutelle ou curatelle) de la personne âgée.

Les solutions du Groupe Mutualiste RATP

  • MPGR Assistance vous propose : une aide aux aidants (formation de l’aidant, évaluation du domicile par un ergothérapeute, solutions de répit pour l’aidant) mais aussi du conseil (social, juridique, nutrition), et pour vos aînés, une aide à la gestion du quotidien (soutien psychologique, aide à domicile, auxiliaire de vie, livraison de courses et/ou de repas…).